Jeudi 20

Départ à PM —2   Coef: 67    PM: 15h04  Brest    BM:  21h00 Concarneau 

Vent: 3 puis 4 NO    40 milles / 10h20 heures — moyenne: 3,87 Nds 

Pluie, pluie et re-pluie; après le petit déjeuner, chacun retourne se coucher, PE n'est même pas sorti de son duvet, on lui a apporté son repas au lit. Une musaraigne fait le tour du campement pas effarouchée pour deux sous. Ça sent la journée de repos mais Cruella, qui elle a écouté la météo, est en train de sournoisement calculer la route sous sa tente. Du 3 beaufort puis 4 de NO pour toute la journée, parfait mais surtout, l’annonce d’un probable BMS pour samedi incite à ne pas traîner dans le coin. À 11h la sentence tombe: départ dans 2 heures, les mâles entérinent cette décision pour ne pas perdre la face. Branle-bas de combat: empaqueter la tente mouillée, le duvet humide, cuire à la hâte une platée de nouilles, y verser une boîte de jambon et pour finir enfiler les fringues trempées. IMGP8155bisÀ 13h on est à l’eau et la traîtresse de me confirmer mes soupçons: elle s'était réservé un quart-d’heure de marge pour anticiper le retard chronique d'un des membres de l'équipe qui aujourd'hui déroge à ses habitudes, nous avons donc 15 mn d’avance sur l’horaire. P6200223Un dernier regard sur le village de Sein dont nous n'aurons rien vu, direction le phare de la Vieille pour choper le jus de la descendante...  (je commence à parler comme un vrai marin, attention c'est pas fini) ...et profiter du contre-courant de l’île tout en évitant le Pont des Chats qui avait laissé quelques souvenirs humides à l’équipe de 1991: leur journée débuta de nuit dans du 4 beaufort et une mer formée. Au passage de la balise des Chats, après avoir quitté Sein, les vagues déferlaient sur les hauts fonds. Quelques-uns avaient des lampes et chacun criait son numéro à intervalle régulier afin que tous restent groupés. Un des pagayeurs s’en tira avec un esquimautage en pleine obscurité je sais qui c'est mais je ne dirais rien, je tiens à naviguer encore avec lui ).

.P6200228Ciel d’ardoise mais visibilité bonne, cinq à six voiliers font route au sud comme nous; c‘est parti pour la big journée du séjour, à la voile fort heureusement. Notre Florence Arthaud, pour la première fois de sa vie arbore un leash de pagaie, la leçon d’hier est retenue (après le leash, l'objectif suivant sera de lui faire mettre les fesses dans un biplace, ce n'est pas gagné) . Des quantités de fous de Bassan juvéniles nous survolent. Surfs et vent arrière, ça file vite mais les bateaux ne sont pas aisés à tenir, ils dérapent de l’arrière, il nous faudrait des dérives plus longues ou pouvoir fixer les voiles sur le pont avant.

P6200233Pointe de Penmarc’h et le phare d’Eckmühl: la mer s'aplatit d’un coup, la température de l‘eau monte soudainement, nous quittons la Manche pour l’Atlantique, il est 19h, 23 milles de faits à 4 nœuds de moyenne, il en reste encore 17 — pause  pipi sur un caillou, repas. Chacun écope dans les 20 litres d’eau de son cockpit. Peu avant, a eu lieu notre troisième rencontre avec des dauphins, ils nous ont encerclé quelques minutes, l’un d’eux à touché le bateau d’Agnès.

P6210237On repart avec désormais le jus contre nous mais aidés d’un bon force 4 faiblissant dans le dos et de quelques contre-courants derrière les rochers qui découvrent. Une succession de balises nous conduit à l’Île aux Moutons qui semble nous fuir à mesure qu’avance la nuit. C’est le solstice et quasi pleine lune. P6210236bisDix heures qu’on pagaye, j'ai une boule de feu entre les omoplates. Les phares des Moutons et de Penfret lancent leurs premiers feux.

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23h20: nous débarquons aux Moutons dans un nuage de sternes énervées, bien entendu je grelotte et il faut encore planter la tente — le plus près du phare possible pour s'abriter du vent et préparer le repas: une soupe, une crème chocolat et enfin au lit, il est minuit 45. Le vacarme incessant des oiseaux ne nous gène en rien. Tiens, il pleut ! Les affaires de kayak mises à sécher sur le grillage seront rincées au moins.   Suite>